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Crise et déclin de l'industrie automobile européenne : usines, emploi et concurrence

Featured Replies

Posté(e)
6 minutes ago, guillaume35 said:

Je pense aussi que les mentalités ont évoluées concernant l automobile

Permis à points , moyen de répression en évolution constante , prix des voitures beaucoup trop cher sans compter le prix du carburant actuellement

Même si l automobile sportive continue de faire rêver c est devenu pour beaucoup un rêve inaccessible et une voiture classique est juste un déplaçoire qui ne mérite plus de se priver dans d' autres domaines

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  • c'est vrai les temps change , avant , avant les apprentis pilotes ils visaient ça aujourd'hui , les gamins on leur fait de la pub pour ça ...

  • Je vais me faire des amis, mais je trouve qu'on se trompe de coupable. Bruxelles a bon dos. Reprenez les chiffres du premier post : le marché a perdu 600 000 immatriculations par an, et pendant cette

  • Ton anecdote de taxi est top ! Un chauffeur, c'est peut être le client le plus rationnel qui existe : il ne paye pas un badge, il paye un coût d'usage. Il vient de bazarder deux Tesla pour une chinois

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c'est vrai les temps change , avant , avant les apprentis pilotes ils visaient ça

hghllk.jpg

aujourd'hui , les gamins on leur fait de la pub pour ça ...

imafjhlges.jpg

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 5 heures, William21 a dit :

C'est exact. Mais, pendant plus de 50 ans depuis la fin de la guerre, les allemands ont fabriqué des voitures autrement plus attractives. Quand l'industrie automobile nationale (et pour une part, nationalisée...) était représentée par Renault, Peugeot et Simca, les allemands achetaient des VW, des BMW, des Opel et des Mercedes... Non pas que les voitures françaises aient été indigentes, mais la vérité oblige à reconnaître qu'on ne jouait pas vraiment dans la même cour. D'ailleurs, c'est bien ce fameux segment des berlines haut de gamme, qu'aucun constructeur français n'a jamais été capable d'occuper, qui nous intéresse aujourd'hui. De plus, un généraliste comme VW a très bien gagné sa vie en fabricant des Golf pendant près de 40 ans, là où Renault et Peugeot la gagnait aussi sur le même segment.

Quand on relit les essais comparatifs de l'époque, Golf vs 205 par exemple, la conclusion est systématique, deux excellentes voitures, qualités routières même à l'avantage de la française, mais l'agrément moteur et la fameuse "qualité perçue" étaient toujours à l'avantage de l'allemande.

Nous, on a décroché il y a déjà 4 ou 5 ans, les allemands, qui avaient plus de marge de manœuvre, viennent simplement de se faire rattraper. Comme, entre temps, Bruxelles a mis les voitures un peu haut de gamme hors la loi, le haut du segment n'est plus là pour compenser les baisses de marge sur les autres.

@William21 sur le haut de gamme, tu as raison sur le résultat, mais pas tout à fait sur la cause à mon avis. Renault et Peugeot ont essayé, et pas qu'une fois : 25, Safrane, Vel Satis, 607, C6 (Citroën). Techniquement, certaines tenaient largement la route. Simplement, personne n'en voulait à 30 000 balles avec un losange sur le capot. Le problème n'était pas l'usine, il était dans la tête du client : la nôtre. La dernière berline française qui a fait rêver au-delà de nos frontières, ce doit être la DS... en 1955.

Il y a 3 heures, ACS3 a dit :

la seule et unique voiture neuve que j'ai acheté était une Opel astra combo commerciale avec un moteur Isuzu ( chaine de disti )

à l'époque un break tolé en 1.7 tdi ... au même prix qu'une deux saucisses commercial sans option ( pas de clim ,pas d'autoradio et vitre à manivelle ) en 1.9D ... 🤣

même en bas de gamme commercial , ils sont mauvais les constructeurs Français ...

@ACS3 le coup du break tôlé mieux équipé et moins cher que la 206 commerciale sans clim ni autoradio, ça résume trente ans de politique produit en deux lignes 😄

Il y a 2 heures, Sylkill a dit :

@Paul

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BYD s'effondre : Geely, le discret empire chinois qui pos...

Premier constructeur chinois au monde pendant des années, BYD vient de perdre sa couronne face à Geely, le groupe derrière Volvo, Zeekr et Polestar. Au premier trimestre 2026, le géant de Shenzhen a v

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il y a 55 minutes, guillaume35 a dit :

Je pense aussi que les mentalités ont évoluées concernant l automobile

Permis à points , moyen de répression en évolution constante , prix des voitures beaucoup trop cher sans compter le prix du carburant actuellement

Même si l automobile sportive continue de faire rêver c est devenu pour beaucoup un rêve inaccessible et une voiture classique est juste un déplaçoire qui ne mérite plus de se priver dans d' autres domaines

@guillaume35 Tu mets le doigt sur ce qui manque à toute la vidéo, et je trouve que c'est le vrai fond du sujet. On a beaucoup parlé de prix, de marges et de normes, mais le désir s'est éteint avant le pouvoir d'achat. Une voiture, aujourd'hui, c'est un poste de dépense sous surveillance : assurance, malus, ZFE, radars, points. Difficile d'avoir envie d'un truc qui te coûte de l'argent à l'arrêt et des ennuis en roulant.

Et c'est peut-être ça le vrai problème industriel : une usine, ça se relance. Une envie, beaucoup moins.

Posté(e)
8 minutes ago, Paul said:

La dernière berline française qui a fait rêver au-delà de nos frontières, ce doit être la DS... en 1955.

Mais non il y a eu aussi les SM et CX et dans une moindre mesure, je pense que les V6 sur XM, 605 et R25 ont connu leur petite heure de gloire à défaut de gros succès commercial.

Modifié par z3m

Posté(e)
il y a 10 minutes, z3m a dit :

Mais non il y a eu aussi les SM et CX et dans une moindre mesure, je pense que les V6 sur XM, 605 et R25 ont connu leur petite heure de gloire à défaut de gros succès commercial.

laisse le PRV6 et ses perf minable ou il est ... paix à son ame ...

la seule fois ou il a su sortir des chevaux c'est en biturbo grace à Hartge donc un allemand 🤣

Posté(e)
2 minutes ago, ACS3 said:

la seule fois ou il a su sortir des chevaux c'est en biturbo grace à Hartge donc un allemand 🤣

C'était plutôt chez Venturi avec la 400 GT qui poutrait toute grosse allemande !

Posté(e)
Il y a 7 heures, z3m a dit :

C'était plutôt chez Venturi avec la 400 GT qui poutrait toute grosse allemande !

mouaif , les Venturi sont quand même connues pour etre de magnifique barbecue sur roues ...

Posté(e)

Dernières autos neuves achetées:

  • M235i en 2014 (Leipzig)

  • M2C en 2018 (Leipzig)

  • Puma ST en 2022 (Craiova)

Pour le coup c’est plutôt produit en Europe de l’Est, même les BMW.

Mais clairement, ils ne veulent plus de nous!

Je n’aurais jamais eu les soucis que j’ai avec ma M2C il y a une dizaine d’année. Le problème aurait été résolu à sa racine.

Du coup, tu n’achètes plus, car tu es traité comme de la merde ET les produits ont autant de saveur que le dernier photocopieur de ta boite: moteurs sans âme, ergonomie de tablette Android premier prix, finition de généraliste, poids démesuré, châssis moyen…

Mais du coup, quelle est la réelle plus value produit par rapport à une Dacia? Les logos M partout?

Les prix sont aussi devenus indécents.

Qu’est-ce que tu as pour le prix d’une M2A neuve? Un x1 traction (de m…) 18i sous équipé…

Les consommables suivent la même tendance.

Une jante de M3 E46: 400€

Une jante de M2C F87: 1500€

Une jante de Puma ST en 19": 400€

Et en plus chez Ford elles sont rondes et non voilées!

Donc tu arrêtes d’acheter et de te faire pigeonner.

Et la seule chose que tu leur demandes c’est de ne pas crever et qu’ils continuent à produire des pièces pour nos vieilles guimbardes.

Posté(e)
Il y a 11 heures, Paul a dit :

@William21 sur le haut de gamme, tu as raison sur le résultat, mais pas tout à fait sur la cause à mon avis. Renault et Peugeot ont essayé, et pas qu'une fois : 25, Safrane, Vel Satis, 607, C6 (Citroën). Techniquement, certaines tenaient largement la route. Simplement, personne n'en voulait à 30 000 balles avec un losange sur le capot. Le problème n'était pas l'usine, il était dans la tête du client : la nôtre. La dernière berline française qui a fait rêver au-delà de nos frontières, ce doit être la DS... en 1955.

Ca n'est pas qu'une question de badge, du moins, si le badge peut compter, ce n'est pas lui qui décidera l'acheteur... Mon défunt père, de la génération pour qui acheter "français" signifiait quelque chose eu deux 604. La première, 2.6l, la deuxième, 2.9l injection. Dans les deux cas, un moulin creux, sans couple et à la consommation gargantuesque dans le cas du 2.6l. Le 2.9l donnait l'impression de tourner sur 3 pattes au ralenti (les fameux manetons "décalés" censés corriger le déséquilibre d'un V6 calé à 90°). Qualité et finition intérieure, bof, bof, la climatisation de la première n'a jamais fonctionné. Seul point positif, un confort de limousine.

Dans le même temps, des amis avaient acheté une 528i (E28). 184ch, ça fait sourire aujourd'hui, sauf que je rêverais de retrouver un agrément de conduite pareil. Du couple à revendre et des vocalises de diva. Quand Peugeot s'est payé une pleine page de pub comparative dans Newsweek avec une Mercedes 280 et une BMW serie 5, il fallait tout de même y croire... Le consommateur, lui n'a pas mordu.

Repositionner une marque sur le segment supérieur ne se fait pas du jour au lendemain. Quand j'étais gamin, Audi et BMW fabriquaient des voitures moyennes et sans grande originalité, c'était sérieux, solide et fiable, rien de plus. Le premier 6 cylindres est apparu chez BMW en 1969...

En 15 ans, les deux marques se sont repositionnées sur le segment supérieur. Mais, les clients ne s'y sont pas trompés, les deux marques proposaient des bagnoles performantes, bien finies et, critère numéro 1, fiable. Moyennant quoi, les clients n'ont pas rechigné à mettre la main à la poche, la qualité a un prix. Ce que nos constructeurs n'ont jamais compris, ou voulu mettre en œuvre.

Posté(e)
  • Auteur
il y a 24 minutes, William21 a dit :

Ca n'est pas qu'une question de badge, du moins, si le badge peut compter, ce n'est pas lui qui décidera l'acheteur... Mon défunt père, de la génération pour qui acheter "français" signifiait quelque chose eu deux 604. La première, 2.6l, la deuxième, 2.9l injection. Dans les deux cas, un moulin creux, sans couple et à la consommation gargantuesque dans le cas du 2.6l. Le 2.9l donnait l'impression de tourner sur 3 pattes au ralenti (les fameux manetons "décalés" censés corriger le déséquilibre d'un V6 calé à 90°). Qualité et finition intérieure, bof, bof, la climatisation de la première n'a jamais fonctionné. Seul point positif, un confort de limousine.

Dans le même temps, des amis avaient acheté une 528i (E28). 184ch, ça fait sourire aujourd'hui, sauf que je rêverais de retrouver un agrément de conduite pareil. Du couple à revendre et des vocalises de diva. Quand Peugeot s'est payé une pleine page de pub comparative dans Newsweek avec une Mercedes 280 et une BMW serie 5, il fallait tout de même y croire... Le consommateur, lui n'a pas mordu.

Repositionner une marque sur le segment supérieur ne se fait pas du jour au lendemain. Quand j'étais gamin, Audi et BMW fabriquaient des voitures moyennes et sans grande originalité, c'était sérieux, solide et fiable, rien de plus. Le premier 6 cylindres est apparu chez BMW en 1969...

En 15 ans, les deux marques se sont repositionnées sur le segment supérieur. Mais, les clients ne s'y sont pas trompés, les deux marques proposaient des bagnoles performantes, bien finies et, critère numéro 1, fiable. Moyennant quoi, les clients n'ont pas rechigné à mettre la main à la poche, la qualité a un prix. Ce que nos constructeurs n'ont jamais compris, ou voulu mettre en œuvre.

Tu as raison de dire que le badge ne précède pas le produit, il le suit. Ce qui me frappe dans ton exemple, c'est le temps que ça a pris. Quinze ans pour qu'Audi et BMW passent de « sérieux et sans plus » à « on paie sans rechigner ». Quinze ans pendant lesquels il fallait investir sans retour immédiat. Aucun constructeur coté aujourd'hui n'a ce droit-là : chez nous, on arrêtait au bout de deux générations parce que ça ne se vendait pas. La 604, la Safrane, la Vel Satis, même histoire à chaque fois.

Mais du coup, lis le post de @Quenotte juste au-dessus, parce que c'est exactement la même mécanique en sens inverse. Quand un client qui a acheté trois voitures neuves te demande sincèrement ce qui justifie l'écart avec une Dacia à part les logos, la marque est en train de manger son capital.

Posté(e)

J'ai écris 15 ans, mais en 1975, BMW et Audi avaient sans doute déjà franchi une étape. Et, en 1980, les deux marques, surtout BMW, étaient installées sur un segment précédemment occupé par Mercedes seul. Mais, dans l'intervalle, ils vendaient leurs voitures et ne perdaient certainement pas d'argent, ce qui leur a permis de réinvestir. MAis, encore une fois, si 604, Renault 30 et autres ne se sont pas vendues, c'est d'abord et avant tout parce que la proposition n'était pas à la hauteur... Gageons que si nos constructeurs avaient fabriqué des voitures capables de concurrencer les allemandes, quitte à les vendre plus chères, l'histoire aurait été différente.

Mais, tu as raison, l'histoire est passée par là et ce qui était possible il y a 50 ans ne l'est plus aujourd'hui. Et le serpent se mord la queue, le carcan règlementaire empêche toute production de véhicule un tant soit peu "plaisir" et le badge ///M n'est plus qu'un simple habillage...

Pour les pièces, c'est effectivement devenu un souci, et un gros.

Posté(e)

Passionnant de lire vos échanges.
Attristant de prendre la mesure de ce qui est dit, des constats dressés.
Effrayant de projeter le futur industriel Français, Européen.

Bossant pour un studio de développement produit (coté industrialisation), je me bats tous les jours pour trouver des solutions locales, Françaises, ou au moins européennes.
Le constat est systématique : impossible de se battre contre les coûts de production en Chine, ça me déprime je n'arrive plus à faire travailler le réseau Français de sous-traitant qu'on a mis des années à consolider.

Je me sens à la fois révolté et résigné par ce qui se passe.

Posté(e)
  • Auteur
il y a 49 minutes, juco2 a dit :

Passionnant de lire vos échanges.
Attristant de prendre la mesure de ce qui est dit, des constats dressés.
Effrayant de projeter le futur industriel Français, Européen.

Bossant pour un studio de développement produit (coté industrialisation), je me bats tous les jours pour trouver des solutions locales, Françaises, ou au moins européennes.
Le constat est systématique : impossible de se battre contre les coûts de production en Chine, ça me déprime je n'arrive plus à faire travailler le réseau Français de sous-traitant qu'on a mis des années à consolider.

Je me sens à la fois révolté et résigné par ce qui se passe.

Ce qui me frappe dans ce que tu décris, c'est le réseau de sous-traitants mis des années à consolider. Parce que le coût horaire, à la limite, ça se discute et ça se compense. Une compétence qui disparaît, non : quand l'outilleur ou le fondeur ferme, il ne rouvre pas dix ans plus tard parce que les conditions sont redevenues favorables. Le gars est parti à la retraite et personne n'a pris sa suite. C'est irréversible, et c'est bien plus grave qu'un écart de prix.

Du coup je suis curieux, et tu es le mieux placé pour répondre : aujourd'hui, l'écart se joue où exactement ? Sur le prix pièce, sur l'outillage, ou sur le délai et la souplesse ? Parce que si les Chinois gagnent aussi sur la réactivité et sur les petites séries, c'est nettement plus inquiétant que s'ils gagnent seulement sur le tarif.

Et à l'inverse : il te reste des domaines où le local tient encore ? Prototypage, pièces critiques, très petites quantités ? J'aimerais bien savoir où est la ligne de front.

Posté(e)
  • Auteur
il y a une heure, William21 a dit :

J'ai écris 15 ans, mais en 1975, BMW et Audi avaient sans doute déjà franchi une étape. Et, en 1980, les deux marques, surtout BMW, étaient installées sur un segment précédemment occupé par Mercedes seul. Mais, dans l'intervalle, ils vendaient leurs voitures et ne perdaient certainement pas d'argent, ce qui leur a permis de réinvestir. MAis, encore une fois, si 604, Renault 30 et autres ne se sont pas vendues, c'est d'abord et avant tout parce que la proposition n'était pas à la hauteur... Gageons que si nos constructeurs avaient fabriqué des voitures capables de concurrencer les allemandes, quitte à les vendre plus chères, l'histoire aurait été différente.

Mais, tu as raison, l'histoire est passée par là et ce qui était possible il y a 50 ans ne l'est plus aujourd'hui. Et le serpent se mord la queue, le carcan règlementaire empêche toute production de véhicule un tant soit peu "plaisir" et le badge ///M n'est plus qu'un simple habillage...

Pour les pièces, c'est effectivement devenu un souci, et un gros.

Sur la 604 et la R30 je ne vais pas défendre l'indéfendable, tu as raison. Elles n'étaient pas au niveau, point.

En revanche je vais chipoter sur le « ///M n'est plus qu'un habillage », parce que je n'arrive pas à y souscrire complètement. Objectivement, une M2 CS d'aujourd'hui met une claque à une M3 E46 partout : au chrono, au freinage, en motricité, et elle le fait sous la pluie sans t'envoyer dans le décor. Techniquement, le badge n'a jamais autant tenu ses promesses.

Ce qu'on a perdu, je crois, ce n'est pas la performance, c'est le sentiment de la mériter. Avant, il fallait bosser pour aller vite. Maintenant la voiture fait 80 % du boulot et te laisse la satisfaction du reste. Donc le badge ne s'est pas dilué, c'est notre critère qui a changé sans qu'on s'en rende compte. Ce qui est peut-être pire, remarque 😄

Et oui, sur les pièces, c'est probablement le vrai sujet des dix ans qui viennent. Une voiture plaisir ne survit pas à son constructeur si on ne peut plus l'entretenir. À quoi bon se battre pour qu'on continue à en produire si celles qu'on a déjà finissent immobilisées faute d'un capteur à 40 €.

Posté(e)

Peut-être, mais ces générations de ///M (36, 46) gardent un je ne sais quoi qu'aucune ///M contemporaine n'aura jamais. Sans doute le moteur non suralimenté y est pour beaucoup. Et question aussi de génération...😉Cela dit, à une époque où on se retrouve vite sans permis pour excès de vitesse, une E46 est autrement plus fun à conduire... Vitres baissées en grimpant le Grimsel, ça relance peut-être moins fort qu'un suralimenté en sortie d'épingle, mais ça fait le job et, là où cette génération de 6 cylindres garde un avantage que personne aujourd'hui ne peut plus contester, c'est quand il donne de la voix... Quel bel-canto...!

Quant au badge, je faisais allusion à celui qu'ils collent à tort et à travers sur tous les modèles de la gamme.

Posté(e)
il y a 25 minutes, Paul a dit :

Ce qui me frappe dans ce que tu décris, c'est le réseau de sous-traitants mis des années à consolider. Parce que le coût horaire, à la limite, ça se discute et ça se compense. Une compétence qui disparaît, non : quand l'outilleur ou le fondeur ferme, il ne rouvre pas dix ans plus tard parce que les conditions sont redevenues favorables. Le gars est parti à la retraite et personne n'a pris sa suite. C'est irréversible, et c'est bien plus grave qu'un écart de prix.

Du coup je suis curieux, et tu es le mieux placé pour répondre : aujourd'hui, l'écart se joue où exactement ? Sur le prix pièce, sur l'outillage, ou sur le délai et la souplesse ? Parce que si les Chinois gagnent aussi sur la réactivité et sur les petites séries, c'est nettement plus inquiétant que s'ils gagnent seulement sur le tarif.

Et à l'inverse : il te reste des domaines où le local tient encore ? Prototypage, pièces critiques, très petites quantités ? J'aimerais bien savoir où est la ligne de front.

J'essaye de faire court, (edit : c'est long en fait) mais je pourrai m'étendre un peu plus avec plaisir. -)
Exemples tirés d'un projet sur lequel je travaille, un objet connecté, faible volumes (-10 000 unités / an), marché concurrentiel.

Le prototypage est incontournable durant le développement d'un produit.
Seul le délai et le prix de revient des pièces (dans une moindre mesure) importe.

  • Coté délai

    • Les sous-traitants Chinois sont plus rapide pour chiffrer, plus flexibles et bossent plus (souvent 6j/7), mais le transport rallonge le total (et le délai est toujours une contrainte forte pendant le développement).

    • Les Français/européens souvent moins réactifs, mais flexibles et proches, permettant d'optimiser le délai.

  • Coté prix

    • Très variable en fonction du process de fabrication, mais avantage à la Chine globalement (en particulier pour des process complexe)

Bilan : Statu quo.

En série, une manière de voir les choses c'est de résumer un produit (un téléphone, une télécommande, une voiture) en un assemblage de différentes pièces.

  • L'assemblage

    • Soit de la main d'oeuvre, soit des process/lignes automatisés

      • Quelques centaines/milliers de produits annuels -> MO. Au delà, on automatise les étapes d'assemblage sur des lignes, mais investissements élevés

    • Main d'oeuvre (qualifiée, niveau technicien) : ~7-9$/h en Chine Vs 28-36€/h en France

  • Les différentes pièces

    • Soit fabriquées (usinées ou injectées en plastique par ex), soit sur étagère (composant "standard", un joint torique par ex)

      • Prix de revient pièce fabriquée = coût matière + coût temps machine (en résumé)

    • Ces coûts sont très nettement inférieur en Chine

      • (a noter, on est plus proche de l'égalité pour des pièces de plasturgie car peu de MO, cycles rapide donc peu de temps machine. Ce qui explique que notre industrie de la plasturgie ne souffre pas autant)

En résumé la Chine est très (très) compétitive, malgré les nombreux coûts non évoqués qui se rajoutent (délai de mise en place, difficulté à "visiter" son sous-traitant, coûts logistique, etc)

Le terme "Chinoiserie" est totalement obsolète.
Il faut bien se rendre compte qu'aujourd'hui (et depuis déjà un certain temps) on peut tout faire en Chine, du low-cost comme du qualitatif, du simple comme du très complexe, du rapide comme du long, du cher comme du pas cher.

L'usine du monde n'a jamais si bien porté son nom.

Modifié par juco2

Posté(e)
Il y a 1 heure, Paul a dit :

Et à l'inverse : il te reste des domaines où le local tient encore ? Prototypage, pièces critiques, très petites quantités ? J'aimerais bien savoir où est la ligne de front.

J'ai oublié de répondre : oui, à condition de vouloir faire du made in France ou à condition de faire des concessions coté prix.

Posté(e)
24 minutes ago, juco2 said:

J'ai oublié de répondre : oui, à condition de vouloir faire du made in France ou à condition de faire des concessions coté prix.

dur de faire du made in Europe a pas cher en maintenant une qualité décente alors made in France...lol

Posté(e)
  • Auteur
il y a 41 minutes, juco2 a dit :

J'essaye de faire court, (edit : c'est long en fait) mais je pourrai m'étendre un peu plus avec plaisir. -)
Exemples tirés d'un projet sur lequel je travaille, un objet connecté, faible volumes (-10 000 unités / an), marché concurrentiel.

Le prototypage est incontournable durant le développement d'un produit.
Seul le délai et le prix de revient des pièces (dans une moindre mesure) importe.

  • Coté délai

    • Les sous-traitants Chinois sont plus rapide pour chiffrer, plus flexibles et bossent plus (souvent 6j/7), mais le transport rallonge le total (et le délai est toujours une contrainte forte pendant le développement).

    • Les Français/européens souvent moins réactifs, mais flexibles et proches, permettant d'optimiser le délai.

  • Coté prix

    • Très variable en fonction du process de fabrication, mais avantage à la Chine globalement (en particulier pour des process complexe)

Bilan : Statu quo.

En série, une manière de voir les choses c'est de résumer un produit (un téléphone, une télécommande, une voiture) en un assemblage de différentes pièces.

  • L'assemblage

    • Soit de la main d'oeuvre, soit des process/lignes automatisés

      • Quelques centaines/milliers de produits annuels -> MO. Au delà, on automatise les étapes d'assemblage sur des lignes, mais investissements élevés

    • Main d'oeuvre (qualifiée, niveau technicien) : ~7-9$/h en Chine Vs 28-36€/h en France

  • Les différentes pièces

    • Soit fabriquées (usinées ou injectées en plastique par ex), soit sur étagère (composant "standard", un joint torique par ex)

      • Prix de revient pièce fabriquée = coût matière + coût temps machine (en résumé)

    • Ces coûts sont très nettement inférieur en Chine

      • (a noter, on est plus proche de l'égalité pour des pièces de plasturgie car peu de MO, cycles rapide donc peu de temps machine. Ce qui explique que notre industrie de la plasturgie ne souffre pas autant)

En résumé la Chine est très (très) compétitive, malgré les nombreux coûts non évoqués qui se rajoutent (délai de mise en place, difficulté à "visiter" son sous-traitant, coûts logistique, etc)

Le terme "Chinoiserie" est totalement obsolète.
Il faut bien se rendre compte qu'aujourd'hui (et depuis déjà un certain temps) on peut tout faire en Chine, du low-cost comme du qualitatif, du simple comme du très complexe, du rapide comme du long, du cher comme du pas cher.

L'usine du monde n'a jamais si bien porté son nom.

J'ai oublié de répondre : oui, à condition de vouloir faire du made in France ou à condition de faire des concessions coté prix.

Ce qui me saute aux yeux, c'est ta remarque sur la plasturgie : peu de main d'œuvre, cycles courts, donc on tient. Autrement dit on reste compétitifs précisément là où il n'y a plus de mains humaines dans la boucle. Sauf que sortir les mains de la boucle, ça s'appelle automatiser, et automatiser demande du volume. Or le volume, on l'a perdu. Le serpent se mord la queue, et ça nous ramène pile au sujet du fil. Et ton « à condition de vouloir », c'est peut-être la meilleure phrase... ce n'est pas qu'on ne sait plus faire, c'est qu'on ne veut plus payer pour. Ce qui rejoint la question que je posais au début sur nos propres achats (je m'y inclus).

il y a 10 minutes, KOOMICHRIS a dit :

dur de faire du made in Europe a pas cher en maintenant une qualité décente alors made in France...lol

Ta réaction résume le problème : on veut du local, mais au prix du lointain. Personne ne tient cette équation.

il y a une heure, William21 a dit :

Peut-être, mais ces générations de ///M (36, 46) gardent un je ne sais quoi qu'aucune ///M contemporaine n'aura jamais. Sans doute le moteur non suralimenté y est pour beaucoup. Et question aussi de génération...😉Cela dit, à une époque où on se retrouve vite sans permis pour excès de vitesse, une E46 est autrement plus fun à conduire... Vitres baissées en grimpant le Grimsel, ça relance peut-être moins fort qu'un suralimenté en sortie d'épingle, mais ça fait le job et, là où cette génération de 6 cylindres garde un avantage que personne aujourd'hui ne peut plus contester, c'est quand il donne de la voix... Quel bel-canto...!

Quant au badge, je faisais allusion à celui qu'ils collent à tort et à travers sur tous les modèles de la gamme.

Sur le badge, au temps pour moi, j'avais compris de travers. Collé sur toute la gamme, oui, là je ne défends rien du tout. Et le bel canto du 6 en ligne atmo vitres baissées dans un col, je ne vais pas te contredire non plus... il n'existe aucun turbo qui te fasse rouler en quatrième trop longtemps juste pour le son 😄

Posté(e)
il y a 46 minutes, Paul a dit :

Merci d'avoir pris le temps, c'est exactement le genre de réponse que j'espérais ! Ce qui me saute aux yeux, c'est ta remarque sur la plasturgie : peu de main d'œuvre, cycles courts, donc on tient. Autrement dit on reste compétitifs précisément là où il n'y a plus de mains humaines dans la boucle. Sauf que sortir les mains de la boucle, ça s'appelle automatiser, et automatiser demande du volume. Or le volume, on l'a perdu. Le serpent se mord la queue, et ça nous ramène pile au sujet du fil.

Et ton « à condition de vouloir », c'est peut-être la meilleure phrase de ces deux pages. Ce n'est pas qu'on ne sait plus faire, c'est qu'on ne veut plus payer pour. Ce qui rejoint la question que je posais au début sur nos propres achats (je m'y inclus).

Avec la mondialisation on a découvert que des produits pouvaient être fabriqués dans des coûts impensables jusque là.

Le "vouloir" (ce made in France), c'est quasiment devenu un actant militant ; autant du coté du fabricant que du consommateur d'ailleurs.
Mais ce dernier, en général, ne regarde plus que la somme à payer (baisse pouvoir d'achat, inflation, normalité d'acheter à pas cher, etc).

Les années passant je vois que je ne suis pas être le seul à constater que mon pouvoir d'achat n'évolue pas autant que le coût total que je représente pour mon employeur.

D'ailleurs une remarque sur le "Made In France", ça ne veut plus dire grand chose.
En gros, il peut suffire que "sa dernière transformation substantielle" ait été faite en France. (Assemblé en France, ou Conçu en France serait plus juste à l'heure actuelle).

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