Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252781 Il y a 9 heures, z3m a dit :Je te fais suivre les félicitations de l'Elysée !Reconnaissance éternelle de la république française.Ils devraient créer une décoration pour ceux qui contribuent plusieurs fois.Mais elle existe, tu sais à quoi elle ressemble? Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252782 1 minute ago, aramis said:et l'epargne globale et par habitant même meilleure que nos amis casques à pointe...mais c'est pas pour autant que c'est rassurant pour nousyep presque le double de la valeur de la dette... mais le Français a besoin d'aide de l'état le pauvre Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252784 Just now, aramis said:C'est un peu discriminant... 😂 Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252786 Just now, aramis said:oui je suis un petit fragile...😇 Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252814 Il y a 11 heures, Paul a dit :SPar contre sur la liste européenne des investissements verts, je crois que tu fais erreur. De mémoire c'est l'inverse qui s'est passé : Bruxelles a fini par y mettre le nucléaire début 2022, le Parlement a essayé de bloquer et n'y est pas arrivé, et c'est applicable depuis janvier 2023. Avec des conditions sur les déchets et le démantèlement, et une date limite, donc on peut trouver que c'est du bout des lèvres. Mais on ne l'a pas fait sortir, on l'a fait rentrer. Si j'ai raté un épisode depuis, dis-le moi....Réduire l'histoire du nucléaire civil à la période 2020 est un peu court...C'est Voynet, ministre de 1997 à 2001, qui a publiquement annoncé la sortie du tout-nucléaire et acté l'abandon de SuperPhénix dès 1998. On peut même dire que c'est l'acte fondateur du sabotage organisé de la filière puisque EDF qui détenait jusque là un rôle de leadership indéniable au niveau mondial, le perd en abandonnant la R&D de ce qui aurait dû représenter les réacteurs de 4ème génération.2001, c'est aussi l'année du regroupement de Framatome, de la filière industrielle du CEA et de la Cogema, trois entités aux compétences bien distinctes sous l'égide du gouvernement Jospin de Chirac. Encore un exemple de ces "brillants" énarques qui ont "trouvé" que 1+1+1 = 4. Non seulement, la mayonnaise n'a jamais pris, mais en plus, elle a abouti à une mise en concurrence entre EDF et Areva qui est allée diamétralement à l'encontre du but initial de mutualisation des compétences et des moyens. La perte du contrat de 20 milliards de 3 EPR aux Emirats Arabes Unis en 2009 est d'ailleurs révélatrice. Areva a cru pouvoir piloter seul ce projet, mais l'arrogance de la direction d'Areva et son aréopage d'X-Ponts ont été de peu de poids face au naufrage annoncé de l'EPR finlandais. EDF, appelé à la rescousse en dernier lieu n'a rien pu faire pour sauver le projet.Areva fait quasiment faillite en 2016 en laissant l'état éponger une ardoise de plus de 10 milliards. On passera sur la catastrophe industrielle de l'EPR finlandais d'Olkiluoto qui aurait valu à n'importe quel patron d'entreprise privée la porte sans indemnités, voire des poursuites judiciaires.Résumons, dès 2001, les germes de la déconfiture du nucléaire français, vécue entre 2015 et 2020, sont semés.Le point d'orgue, c'est l'hiver 2022 où la moitié du parc est à l'arrêt et la France contrainte d'importer de l'électricité depuis l'Allemagne. Même si elle n'aurait pas suffit pour compenser la perte de production, la fermeture de Fessenheim prend un relief particulier...En 2010, le PS parti à la chasse aux voix pour la présidentielle de 2012, accepte le principe de la réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% ainsi que la fermeture de Fessenheim. C'est la ministre de l'époque, Duflot qui s'y emploiera. Parenthèse, si les gouvernements successifs depuis la fin des années 90 se sont employés à torpiller la filière, elle a été en partie sauvée par les grands commis de l'état à la tête du CEA et d'EDF qui ont freiné des quatre fers en jouant la montre et pariant que les gouvernements passent aussi vite que les modes...En 2018, Hulot, loin de faire marche arrière, confirme la sortie du tout-nucléaire et la réduction du parc décidée par Duflot. Les faits et les chiffres étant plus têtus que les écolo, il repousse simplement l'échéance à 2035.Résultat ? Une filière quasiment à l'arrêt, une opinion publique manipulée par les écolo avec les accidents de Tchernobyl et de Fukushima en arrière-plan et le dogmatisme imbécile de la minorité écolo signant des chèques en blanc sur la future facture énergétique du pays qu'elle est bien en peine d'honorer. Elle s'en fout, elle sait qu'elle n'est au pouvoir que pour quelques années alors que ses décisions engagent le pays pour au minimum 20 ans et que ses prises de position ne sont motivées que par le dogmatisme qui lui a permis d'accéder au pouvoir en vendant ses voix au parti socialiste..Prochain épisode, Bruxelles.PS : Le nucléaire civil français, ce sont plus de 3200 entreprises, dont 80% sont des PME sous-traitantes. Mon entreprise est l'une d'elles et j'y travaille depuis plus de 15 ans. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252823 Fin des années 90, libéralisation du marché de l'énergie. Le but est de créer un marché unique auquel tous les états-membres auront accès afin de supprimer tous risque de pénurie éventuelle. Sur le papier, ça va de pair avec la vocation initiale de l'espace communautaire et la mutualisation de la production électrique va bien dans le sens d'une meilleure continuité de service pour les citoyens des états-membres ainsi que la garantie de tarifs meilleurs marché.Dans la pratique, ça s'est passé très différemment. Si l'intérêt général, donc européen, avait présidé à la décision, il est assez vite apparu que les intérêts particuliers, ceux des états-membres, étaient tout, sauf convergents. Et l'Allemagne, dès 2001, a très vite réalisé que sa sortie totale du nucléaire, et le maintien obligatoire de la filière "charbon", allaient la pénaliser face au nucléaire français quasi totalement décarboné. Position exacerbée en 2011 après l'accident de FukushimaSous couvert de la présidence allemande, en 2010, Bruxelles a imposé la création d'un "Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique", l'ARENH. Pour faire simple, EDF est obligé de vendre une partie de sa production électrique d'origine nucléaire à des opérateurs privés qui la revendront, avec marge bien évidemment, à des clients privés. Opérateurs privés qui n'ont pas dépensé un seul centime pour la création de la filière... Parmi ces opérateurs privés, on trouve bien évidemment des opérateurs allemands, trop heureux de l'aubaine... !Donc, Bruxelles obère la rentabilité d'EDF en l'obligeant à sacrifier une partie de sa marge, l'empêchant par là même d'investir dans la maintenance de ses infrastructures et dans la R&D.Dans le même temps, l'Allemagne a constitué une minorité de blocage en s'alliant systématiquement avec des pays historiquement antinucléaires ou ayant abandonné la filière (Autriche, Luxembourg, Espagne ou le Danemark). À Bruxelles, cette coalition a systématiquement cherché à exclure le nucléaire des subventions, des aides d'État et des labels de durabilité.En cela, on peut dire que le nucléaire civil français a été exclu de la taxonomie verte européenne, bien qu'elle n'existât pas sous cette forme à l'époque .Toujours dans le même temps, l'Allemagne — soutenue par l'Autriche qui menaçait de porter l'affaire devant la Cour de justice européenne — a tout fait pour exclure l'énergie nucléaire de la liste des investissements "verts et durables". De son côté, la France a dû aller au rapport de force, acceptant un compromis complexe (incluant de manière controversée le gaz fossile dans la taxonomie pour obtenir le soutien de pays d'Europe de l'Est) pour arracher l'inclusion du nucléaire de justesse fin 2021 / début 2022.De façon générale, l'Allemagne rechigne à valider des mécanismes de soutien public de long terme qui profiteraient directement au parc nucléaire français rénové, notamment la production d'hydrogène bas-carbone qui ne peut provenir que du parc nucléaire français.Voilà, résumés, 25 ans d'atermoiements, de décisions motivées par des intérêts politiques et dogmatiques, ceux des écologistes, et qui n'ont rien à voir avec les intérêts industriels et énergétiques du pays. Allié à ça, le lobbying d'états qui voient d'un mauvais oeil un état, la France, tirer parti de 50 ans d'investissements dans une filière énergétique décarbonée et, surtout, pilotable. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252826 La séparation par voie légale de la production de l'électricité et de son réseau d'acheminement / distribution a aussi été une belle "arnaque". On retrouve ces dispositions dans pas mal de secteur avec un empilement d'objectifs différents voire contraires entre les 2 activités pourtant liées, beaucoup d'immobilisme et de gaspillage, sans parler du "maquillage des comptes publiques" pour évacuer de cette sphère publique l'endettement abyssal des boites qui gèrent les réseaux. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252827 Absolument, autre exemple SNCF et RFF... Ca doit être un truc qu'on apprend à l'ENA, "Comment faire pour que ça coûte plus cher et que ça fonctionne moins bien." Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252828 27 minutes ago, Stefan2M4 said:La séparation par voie légale de la production de l'électricité et de son réseau d'acheminement / distribution a aussi été une belle "arnaque".3 minutes ago, William21 said:Absolument, autre exemple SNCF et RFF...Le problème n'est pas nécessairement la séparation en soit, qui est souvent préférable dans le secteur privé.Le problème est que l'état soit impliqué dans la gestion de ces entreprises, car il est systématiquement le plus mauvais pour allouer le capital. Et bien sûr le fait que ses commis placés dans ces entreprises soient absolument incompétents pour les gérer (profil type = énarque, qui peut faire un bon préfet ou membre de cabinet ministériel mais pas un capitaine d'industrie). Modifié le 10 aoûtle 10 août par z3m Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août Auteur comment_1252830 Il y a 2 heures, William21 a dit :Réduire l'histoire du nucléaire civil à la période 2020 est un peu court...C'est Voynet, ministre de 1997 à 2001, qui a publiquement annoncé la sortie du tout-nucléaire et acté l'abandon de SuperPhénix dès 1998. On peut même dire que c'est l'acte fondateur du sabotage organisé de la filière puisque EDF qui détenait jusque là un rôle de leadership indéniable au niveau mondial, le perd en abandonnant la R&D de ce qui aurait dû représenter les réacteurs de 4ème génération.2001, c'est aussi l'année du regroupement de Framatome, de la filière industrielle du CEA et de la Cogema, trois entités aux compétences bien distinctes sous l'égide du gouvernement Jospin de Chirac. Encore un exemple de ces "brillants" énarques qui ont "trouvé" que 1+1+1 = 4. Non seulement, la mayonnaise n'a jamais pris, mais en plus, elle a abouti à une mise en concurrence entre EDF et Areva qui est allée diamétralement à l'encontre du but initial de mutualisation des compétences et des moyens. La perte du contrat de 20 milliards de 3 EPR aux Emirats Arabes Unis en 2009 est d'ailleurs révélatrice. Areva a cru pouvoir piloter seul ce projet, mais l'arrogance de la direction d'Areva et son aréopage d'X-Ponts ont été de peu de poids face au naufrage annoncé de l'EPR finlandais. EDF, appelé à la rescousse en dernier lieu n'a rien pu faire pour sauver le projet.Areva fait quasiment faillite en 2016 en laissant l'état éponger une ardoise de plus de 10 milliards. On passera sur la catastrophe industrielle de l'EPR finlandais d'Olkiluoto qui aurait valu à n'importe quel patron d'entreprise privée la porte sans indemnités, voire des poursuites judiciaires.Je résume, dès 2001, les germes de la déconfiture du nucléaire français, vécue entre 2015 et 2020, sont semés.En 2010, le PS parti à la chasse aux voix pour la présidentielle de 2012, accepte le principe de la réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% ainsi que la fermeture de Fessenheim. C'est la ministre de l'époque, Duflot qui s'y emploiera. Parenthèse, si les gouvernements successifs depuis la fin des années 90 se sont employés à torpiller la filière, elle a été en partie sauvée par les grands commis de l'état à la tête du CEA et d'EDF qui ont freiné des quatre fers en jouant la montre et pariant que les gouvernements passent aussi vite que les modes...En 2018, Hulot, loin de faire marche arrière, confirme la sortie du tout-nucléaire et la réduction du parc décidée par Duflot. Les faits et les chiffres étant plus têtus que les écolo, il repousse simplement l'échéance à 2035.Résultat ? Une filière quasiment à l'arrêt, une opinion publique manipulée par les écolo avec les accidents de Tchernobyl et de Fukushima en arrière-plan et le dogmatisme imbécile de la minorité écolo signant des chèques en blanc sur la future facture énergétique du pays qu'elle est bien en peine d'honorer. Elle s'en fout, elle sait qu'elle n'est au pouvoir que pour quelques années alors que ses décisions engagent le pays pour au minimum 20 ans et que ses prises de position ne sont motivées que par le dogmatisme qui lui a permis d'accéder au pouvoir en vendant ses voix au parti socialiste..Prochain épisode, Bruxelles.PS : Le nucléaire civil français, ce sont plus de 3200 entreprises, dont 80% sont des PME sous-traitantes. Mon entreprise est l'une d'elles et j'y travaille depuis plus de 15 ans.il y a une heure, William21 a dit :Fin des années 90, libéralisation du marché de l'énergie. Le but est de créer un marché unique auquel tous les états-membres auront accès afin de supprimer tous risque de pénurie éventuelle. Sur le papier, ça va de pair avec la vocation initiale de l'espace communautaire et la mutualisation de la production électrique va bien dans le sens d'une meilleure continuité de service pour les citoyens des états-membres ainsi que la garantie de tarifs meilleurs marché.Dans la pratique, ça s'est passé très différemment. Si l'intérêt général, donc européen, avait présidé à la décision, il est assez vite apparu que les intérêts particuliers, ceux des états-membres, étaient tout, sauf convergents. Et l'Allemagne, dès 2001, a très vite réalisé que sa sortie totale du nucléaire, et le maintien obligatoire de la filière "charbon", allaient la pénaliser face au nucléaire français quasi totalement décarboné. Position exacerbée en 2011 après l'accident de FukushimaSous couvert de la présidence allemande, en 2010, Bruxelles a imposé la création d'un "Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique", l'ARENH. Pour faire simple, EDF est obligé de vendre une partie de sa production électrique d'origine nucléaire à des opérateurs privés qui la revendront, avec marge bien évidemment, à des clients privés. Opérateurs privés qui n'ont pas dépensé un seul centime pour la création de la filière... Parmi ces opérateurs privés, on trouve bien évidemment des opérateurs allemands, trop heureux de l'aubaine... !Donc, Bruxelles obère la rentabilité d'EDF en l'obligeant à sacrifier une partie de sa marge, l'empêchant par là même d'investir dans la maintenance de ses infrastructures et dans la R&D.Dans le même temps, l'Allemagne a constitué une minorité de blocage en s'alliant systématiquement avec des pays historiquement antinucléaires ou ayant abandonné la filière (Autriche, Luxembourg, Espagne ou le Danemark). À Bruxelles, cette coalition a systématiquement cherché à exclure le nucléaire des subventions, des aides d'État et des labels de durabilité.En cela, on peut dire que le nucléaire civil français a été exclu de la taxonomie verte européenne, bien qu'elle n'existât pas sous cette forme à l'époque .Toujours dans le même temps, l'Allemagne — soutenue par l'Autriche qui menaçait de porter l'affaire devant la Cour de justice européenne — a tout fait pour exclure l'énergie nucléaire de la liste des investissements "verts et durables". De son côté, la France a dû aller au rapport de force, acceptant un compromis complexe (incluant de manière controversée le gaz fossile dans la taxonomie pour obtenir le soutien de pays d'Europe de l'Est) pour arracher l'inclusion du nucléaire de justesse fin 2021 / début 2022.De façon générale, l'Allemagne rechigne à valider des mécanismes de soutien public de long terme qui profiteraient directement au parc nucléaire français rénové, notamment la production d'hydrogène bas-carbone qui ne peut provenir que du parc nucléaire français.Voilà, résumés, 25 ans d'atermoiements, de décisions motivées par des intérêts politiques et dogmatiques, ceux des écologistes, et qui n'ont rien à voir avec les intérêts industriels et énergétiques du pays. Allié à ça, le lobbying d'états qui voient d'un mauvais oeil un état, la France, tirer parti de 50 ans d'investissements dans une filière énergétique décarbonée et, surtout, pilotable.Merci pour les deux posts : le fait que tu sois dans la filière depuis quinze ans ça se sent.On est d'accord sur le fond de la chronologie. Superphénix sacrifié en 97 sur l'autel de l'accord PS-Verts, la fusion Framatome-Cogema-CEA qui accouche d'une guerre EDF-Areva au lieu d'une synergie, les Émirats en 2009, Areva renfloué par le contribuable, Fessenheim. Là-dessus je ne t'apprends rien et tu ne m'apprends rien, on constate la même chose.Et j'ai bien noté ta formule : « arracher l'inclusion de justesse fin 2021 / début 2022 ». C'est exactement ça. Donc là-dessus on est d'accord, le nucléaire est bien rentré dans la liste des investissements verts. Que ça se soit joué à l'arraché, avec l'Autriche qui menaçait d'aller devant la justice européenne, ça ne change pas le résultat.Par contre l'ARENH, je crois que tu te trompes d'auteur. Ce n'est pas Bruxelles qui l'a imposé, c'est le gouvernement français qui l'a proposé à la Commission en 2009 (sur la base du rapport Champsaur remis à Lagarde et Borloo), puis voté ici par la loi NOME de décembre 2010. Le volume de 100 TWh et le prix de 42 € ont été fixés à Paris, pas à Berlin. Et l'Allemagne ne présidait pas le Conseil en 2010, c'était l'Espagne puis la Belgique.Ce qui est vrai, c'est qu'il y avait deux contentieux européens sur nos tarifs réglementés depuis 2006-2007. On était sous pression. Mais entre subir une pression et brader 35% de sa production nucléaire à prix coûtant pendant quinze ans, il y a un choix, et c'est nous qui l'avons fait... me semble-t-il. Le résultat est celui que tu décris : EDF privé des marges qui auraient dû financer la maintenance et la R&D. Sauf qu'on se l'est infligé.Et le dispositif s'est éteint fin 2025, remplacé par un accord EDF-État. Donc pendant quinze ans on a hurlé contre un truc qu'on avait écrit nous-mêmes.C'est là que je maintiens ce que je disais plus haut sur l'automobile. Le réflexe de chercher le coupable à Bruxelles nous évite de regarder ce qu'on signe. Et la même mécanique joue sur la voiture : le bonus, la prime à la conversion, les malus, ce sont des dispositifs français. On a subventionné la demande sans conditionner la production, et une partie de l'argent est partie chez des constructeurs qu'on ne contrôle pas.D'ailleurs, si tu es dans la filière, ta remarque sur les 3 200 entreprises dont 80 % de PME m'intéresse. C'est exactement le tissu qui existait aussi autour de l'automobile et qui a fondu. Est-ce que vous, vous arrivez à recruter ? Parce que c'est ce qui décide de la suite, plus que les décisions politiques. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252836 On ne peut décorréler la situation du nucléaire français en 2022, date à laquelle les opposants à Bruxelles ont plus ou moins capitulé, de la décennie qui l'a précédée et où la filière aurait très bien pu disparaître.Mais, nos politiques, comme les médias, n'ont aucune mémoire. Il est parfois bon de rappeler ce qui s'est réellement passé.Comment l'ARENH a-t-elle été créée ?L'Union européenne a exigé de la France l'ouverture totale de son marché de l'énergie à la concurrence. Face au quasi-monopole historique d'EDF sur la production nucléaire, Bruxelles a poussé pour que les fournisseurs alternatifs (les concurrents d'EDF) puissent également bénéficier de cette électricité bon marché.L'État français (via la loi NOME) : C'est le législateur français qui en a fait un instrument législatif en adoptant la loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l'électricité (dite loi « NOME »), entrée en vigueur en juillet 2011.Donc, si l'ARENH est bien une invention franco-française, elle n'est que la résultante d'une législation imposée par Bruxelles. L'ARENH est un effet de la politique européenne, pas celui des politiques français. Inutile de dire que certains fonctionnaires français à Bruxelles ne se sont pas privés pour enfoncer le clou, trop contents de pouvoir exercer leur pouvoir de nuisance face à une source d'énergie non conforme à leurs "convictions"...Dernier avatar de la gestion européenne, depuis Juin 2026, la mise en concurrence de 40% de l'électricité produite par les barrages français... Ne nous plaignons pas, ç'aurait pu être la totalité. Et, bizarrement, personne n'en a parlé...Certains jours, je comprend les partisans du Brexit. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252840 Concernant le recrutement. Actuellement, il n'y a pas de tensions, du moins pas à notre niveau de fournisseur d'instrumentation. En revanche, et sous réserve des financements qui seront nécessaires (et les sommes sont colossales), le plan de développement des 6 EPR2, dont les premiers doivent diverger en 2035/2037 (et j'espère qu'on invitera Duflot à l'inauguration...) vont demander des recrutements massifs dans la filière. Je suis incapable de dire aujourd'hui si on sera capable d'y répondre.D'autant que je vois des ingénieurs aujourd'hui de la génération des années 90/2000 tordre le nez quand on leur parle d'atome (et de bagnoles...), prêter l'oreille aux thèses de la décroissance et, pour tout dire, plus proches de LFI que d'aucun autre bord politique. C'est un autre débat, mais ça risque aussi de peser. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252841 Le recrutement des ingés, je sais pas chez vous mais dans certains secteurs ca a écrémé grave, top 5 des meilleures écoles françaises(si c'est pas dans la liste les CV je les benne direct c'est le juste premier screening) le reste c'est sourcé a l'étranger... Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252842 Ceux-là, on peut penser qu'ils ne se sont pas fait laver le cerveau pendant leurs études... Le fils d'un ami, X, est parti bosser dans une startup, mais dédiée au nucléaire civil. Sur le carreau après deux ans et avoir cramé les deux premières levées de fonds, mais retour à bord suite à l'annonce des 6 EPR2.A suivre... Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août Auteur comment_1252843 il y a 58 minutes, William21 a dit :On ne peut décorréler la situation du nucléaire français en 2022, date à laquelle les opposants à Bruxelles ont plus ou moins capitulé, de la décennie qui l'a précédée et où la filière aurait très bien pu disparaître.Mais, nos politiques, comme les médias, n'ont aucune mémoire. Il est parfois bon de rappeler ce qui s'est réellement passé.Comment l'ARENH a-t-elle été créée ?L'Union européenne a exigé de la France l'ouverture totale de son marché de l'énergie à la concurrence. Face au quasi-monopole historique d'EDF sur la production nucléaire, Bruxelles a poussé pour que les fournisseurs alternatifs (les concurrents d'EDF) puissent également bénéficier de cette électricité bon marché.L'État français (via la loi NOME) : C'est le législateur français qui en a fait un instrument législatif en adoptant la loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l'électricité (dite loi « NOME »), entrée en vigueur en juillet 2011.Donc, si l'ARENH est bien une invention franco-française, elle n'est que la résultante d'une législation imposée par Bruxelles. L'ARENH est un effet de la politique européenne, pas celui des politiques français. Inutile de dire que certains fonctionnaires français à Bruxelles ne se sont pas privés pour enfoncer le clou, trop contents de pouvoir exercer leur pouvoir de nuisance face à une source d'énergie non conforme à leurs "convictions"...Dernier avatar de la gestion européenne, depuis Juin 2026, la mise en concurrence de 40% de l'électricité produite par les barrages français... Ne nous plaignons pas, ç'aurait pu être la totalité. Et, bizarrement, personne n'en a parlé...Certains jours, je comprend les partisans du Brexit.il y a 27 minutes, William21 a dit :Concernant le recrutement. Actuellement, il n'y a pas de tensions, du moins pas à notre niveau de fournisseur d'instrumentation. En revanche, et sous réserve des financements qui seront nécessaires (et les sommes sont colossales), le plan de développement des 6 EPR2, dont les premiers doivent diverger en 2035/2037 (et j'espère qu'on invitera Duflot à l'inauguration...) vont demander des recrutements massifs dans la filière. Je suis incapable de dire aujourd'hui si on sera capable d'y répondre.D'autant que je vois des ingénieurs aujourd'hui de la génération des années 90/2000 tordre le nez quand on leur parle d'atome (et de bagnoles...), prêter l'oreille aux thèses de la décroissance et, pour tout dire, plus proches de LFI que d'aucun autre bord politique. C'est un autre débat, mais ça risque aussi de peser.Sur l'ARENH je te rejoins sur la pression européenne, on ne va pas y passer la soirée. Là où je reste têtu 🫠, c'est que le volume et le prix, c'était à nous de les négocier, et on a signé ce qu'on a signé.Sur les barrages, attention, ça me semble être moins violent que ce que tu décris. La loi date du 29 juin, après un accord passé avec Bruxelles en août 2025. L'État garde la propriété des ouvrages, EDF garde l'exploitation, il n'y a pas de vente et pas de mise aux enchères des barrages. Les 40%, ce sont des capacités virtuelles vendues à des concurrents sous contrôle de la CRE, plafonnées à 6 GW les dix premières années. Autrement dit un ARENH de l'hydraulique 🙃Et là encore, deux procédures européennes traînaient depuis 2015 et 2019. On a passé dix ans à ne pas trancher, puis on a voté le compromis nous-mêmes. Tu as raison sur un point : personne n'en a parlé 🤬Ce qui m'intéresse le plus dans ce que tu écris, c'est le recrutement. Tu dis pas de tension aujourd'hui mais besoins massifs à partir des EPR2, avec les premiers qui divergent vers 2035. Et @KOOMICHRIS derrière qui décrit un marché où on ne regarde plus que le top 5 des écoles et où le reste se source à l'étranger.C'est exactement ce qui s'est passé dans l'auto. Le tissu de sous-traitance ne disparaît pas d'un coup, il perd d'abord ses gens. Quand la commande revient, l'usine est encore là mais plus personne ne sait faire, et on redémarre avec dix ans de retard. Flamanville, c'est ça.Donc si les besoins arrivent en 2032-2035, les gens qu'il faut sont en formation maintenant. Est-ce que quelqu'un pilote ça au niveau de la filière, ou est-ce que chaque PME se débrouille dans son coin en espérant que ça se remplisse ? Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252844 Mon propos était pour relaté le fait que l'industrie c'est adapté a la baisse du niveau général en France, a mon époque d'embauche y'a une vingtaine d'années(c'est dur... de vieillir) c'était top 10 autant dire qu'un candidat qui aurait mes pauvres deux diplômes dont la valeur rapporté a aujourd'hui sont réduit a la valeur du papier(en exagérant un peu), son CV n'arrive même pas sur mon bureau. Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252846 Encore une fois, là, c'est moi qui suis têtu, on impose à un opérateur privé de revendre à prix encadré une part de sa production rendue possible par des investissements en R&D et des coûts de construction qui, eux, n'ont subi aucune décote ! Ca se pratiquait beaucoup en Europe de l'Est dans les pays de l'ex bloc soviétique... Heureusement qu'ici le contribuable est là pour boucher les trous.Pour revenir au recrutement, difficile de dire à quoi ressemblera le paysage d'ici 20 ans (à mon avis, si le premier EPR2 diverge en 2040, ce sera déjà bien). Je ne connais pas les besoins de recrutements ingé de la filière ni ses pré-requis (X, Mines, Centrale...?). En revanche, sur l'opérationnel pure et dure, si vous avez des compétences de soudure en environnements contraints, capables de lire des plans isométriques, DMOS, QMOS, etc, là vous trouverez du boulot en 5 mn, (idem pour la construction navale qui fait appel aux mêmes compétences). Signaler
Posté(e) le 10 aoûtle 10 août comment_1252849 Je parlais seulement de l'embauche des graduates sans expérience, le reste c'est évidemment différent.Edit: petite précision "Graduates emploi cdi staff" Signaler
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